Méthodologie FeelBack Sport
Des indicateurs pour éclairer la décision de l'entraîneur.
Quatre méthodes publiées en sciences du sport (Hooper, sRPE, ACWR, Saw et al.) et un indice de vigilance qui les résume. Elles aident à se poser les bonnes questions ; elles ne remplacent ni le regard de l'entraîneur, ni un avis médical.
Indice de Hooper
Le thermomètre quotidien de l'athlète
Hooper & Mackinnon, 1995
À quoi ça sert
Mesurer chaque jour, en 30 secondes, comment l'athlète encaisse l'entraînement, pour repérer plus tôt une fatigue qui s'installe ou une surcharge.
Pour qui
L'athlète, qui apprend à s'écouter ; l'entraîneur, qui adapte ses séances ; le médecin du sport, s'il suit l'athlète.
Comment ça marche dans FeelBack
Dans l'onglet « Avant l'entraînement » du check-in, l'athlète répond à cinq questions :
- Mon humeur du jour — 7 niveaux émotionnels (de « dégoûté » à « joyeux »)
- Mon niveau d'énergie — 10 % · 30 % · 50 % · 80 % · 100 %
- Qualité de mon sommeil cette nuit — 7 niveaux (de « très mauvais » à « excellent »)
- Mon niveau de motivation — 5 niveaux ; utilisé comme indicateur inversé du stress
- Ma forme physique aujourd'hui — ressenti corporel sur 7 niveaux
Chaque réponse est ramenée sur une échelle de 1 à 7 puis additionnée : un score entre 5 et 35. Plus il est bas, plus l'athlète arrive fatigué.
Le Hooper original (1995) utilise 4 composantes (sommeil, fatigue, stress, courbatures) pour un score de 4 à 28. FeelBack l'étend à 5 composantes (5 à 35) en ajoutant l'humeur.
Les seuils utilisés dans le calcul
Exemple (situation type)
Une gymnaste de 16 ans affiche un score de 28 toute la semaine. Lundi matin, elle tombe à 17. L'entraîneur voit le signal, lui demande comment elle va et remplace les sauts par du gainage. Trois jours plus tard, son score remonte à 26.
sRPE — Session Rating of Perceived Exertion
La charge d'entraînement, telle que l'athlète la ressent
Foster et al., 2001
À quoi ça sert
Quantifier ce qu'une séance a coûté à l'athlète, sans GPS, sans cardiofréquencemètre, sans capteur.
Pour qui
Tous les entraîneurs qui n'ont pas le budget d'une équipe professionnelle, et ceux qui l'ont, en complément de leurs mesures.
Comment ça marche
À la fin de la séance, l'athlète note la difficulté ressentie de 1 à 10. Voici les libellés qu'il voit dans son écran de saisie :
On multiplie par la durée en minutes pour obtenir la charge de la séance :
Cette valeur s'exprime en « unités arbitraires » : elle sert à comparer une séance ou une semaine à une autre.
Une séance ressentie à 7 sur 60 min = charge de 420.
Une séance ressentie à 3 sur 90 min = charge de 270.
Pourquoi c'est utile
Le sRPE mesure l'effort réellement ressenti, pas l'effort prévu. Si l'athlète a mal dormi et que sa séance facile lui a coûté cher, le sRPE le montre.
Exemple (situation type)
L'entraîneur prévoit une séance de récupération active à 3/10. Trois athlètes notent 3, deux notent 6 : pour ces deux-là, la séance a coûté bien plus que prévu. C'est le moment d'en parler avec eux.
ACWR — Acute:Chronic Workload Ratio
Charge récente et charge habituelle
Gabbett, 2016
À quoi ça sert
L'ACWR compare la charge récente à la charge habituelle afin de mettre en évidence certaines variations importantes. Il constitue un indicateur parmi d'autres et ne permet pas, à lui seul, de prédire une blessure.
Pour qui
Les entraîneurs et préparateurs physiques qui planifient des semaines de charge.
Comment ça marche
On compare deux périodes :
- Charge aiguë : somme des charges de séance des 7 derniers jours (ce que l'athlète fait maintenant)
- Charge chronique : moyenne hebdomadaire des 4 dernières semaines (ce à quoi il est habitué)
Les repères utilisés
Ces repères sont indicatifs. La littérature scientifique discute leurs limites, notamment sur de petits effectifs.
La métaphore qui parle
Vous n'avez pas couru depuis un mois et vous reprenez par 10 km le lundi. L'ACWR montrerait un ratio très élevé : une hausse brutale de charge, qui mérite qu'on se pose la question avant de continuer au même rythme.
Exemple (situation type)
Un gymnaste affiche un ACWR de 2,3 trois jours d'affilée, alors que sa forme ressentie baisse. L'entraîneur en parle avec lui et allège la charge pendant 48 heures.
Indice de vigilance 0–100
Ce que l'entraîneur voit vraiment
La synthèse des indicateurs en un seul repère lisible
Pourquoi un indice unique ?
Hooper, sRPE et ACWR sont riches d'information, mais jongler entre trois graphiques par athlète ne tient pas sur le terrain. FeelBack les résume en un chiffre et une couleur, pour savoir par qui commencer.
La formule
+ 35 % × composante ACWR
+ 15 % × composante sommeil
+ 10 % × variabilité du Hooper
Le sommeil compte deux fois (dans le Hooper et en direct), car la littérature en fait un facteur important de récupération.
Les quatre niveaux et leurs recommandations
Les seuils et les recommandations sont ceux utilisés dans l'application. L'indice signale une situation à regarder de plus près ; il ne pose aucun diagnostic.
Saw, Main & Gastin
Le ressenti de l'athlète, un indicateur sensible
Saw AE, Main LC, Gastin PB. British Journal of Sports Medicine, 2016
À quoi ça sert
Cette revue montre que ce que l'athlète déclare (humeur, fatigue, sommeil, stress) réagit souvent plus nettement aux variations de charge que des mesures biologiques comme le cortisol salivaire ou la fréquence cardiaque.
Comment l'étude a été menée
Les auteurs ont passé en revue 56 études comparant, sur les mêmes athlètes, des mesures subjectives (questionnaires de bien-être, effort ressenti) et objectives (cortisol, variabilité cardiaque, créatine kinase, testostérone).
Leur conclusion : les mesures subjectives sont généralement plus sensibles aux variations de charge d'entraînement que les marqueurs biologiques.
Pourquoi c'est important pour FeelBack
Cette revue appuie l'approche retenue : poser chaque jour quelques questions simples à l'athlète n'est pas un pis-aller faute de matériel. C'est une méthode reconnue, peu coûteuse et immédiate, à condition d'être remplie régulièrement et lue avec discernement.
À retenir
On n'a pas besoin d'un laboratoire pour bien suivre des athlètes. On a besoin de leur demander, régulièrement, comment ils vont, et d'en parler avec eux.
Ce que FeelBack n'est pas
FeelBack est un outil de suivi, de prévention et de dialogue. Il ne constitue pas un dispositif médical et ne pose aucun diagnostic. En cas de douleur ou de souffrance, physique ou mentale, un professionnel de santé reste l'interlocuteur principal.
Voir ces indicateurs dans l'application.
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